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16/12/2011 :
Nathalie Kosciusko-Morizet a présenté un plan d’actions en 27
points pour lutter contre les dépenses énergétiques en France. Ces
mesures devraient permettre de réduire les consommations d’énergie
d’environ 20% d’ici à 2020.
Dans la lignée des engagements du Grenelle de l’environnement,
lancé en 2007, une table ronde « efficacité énergétique » a été
instituée fin mai 2011 dans le but d’accélérer les économies
d’énergie. Les conclusions ont été présentées vendredi dernier par
la ministre de l’Ecologie, fruit des débats de trois groupes de
travail qui ont œuvré à trouver des solutions d’économies
d’énergie pour les entreprises, les ménages et les pouvoirs
publics. Pour arriver à un plan de 27 mesures, ils ont axé leur
réflexion autour de trois leviers principaux : soutiens financiers
; mesures réglementaires ; engagements volontaires.
Des programmes vont participer à ces enjeux comme le programme «
Habiter mieux » qui vise à sortir les ménages modestes de la
précarité énergétique. A ce titre, la prime complémentaire d’aide
aux ménages sera relevée de 1.100 à 1.600 €.
Extinction des éclairages et enseignes lumineuses
Le gouvernement souhaite agir sur les gaspillages d’énergie,
source de dépenses notoire. Et limite, par voie réglementaire,
certains usages. Ainsi, dès le 1er juillet 2012, est prévue
l’extinction obligatoire des enseignes lumineuses commerciales,
entre 1h et 6h du matin. De même, est à l’étude une extinction
obligatoire des éclairages extérieurs et intérieurs des bureaux,
qui permettra de réduire la pollution lumineuse et d’économiser
l’équivalent de la consommation annuelle d’électricité d’un
million de ménages. La rénovation des éclairages publics est aussi
une piste étudiée, et de nouveaux mécanismes de financement des
projets locaux seront développés. Enfin, seront intégrées dans les
contrats-cadres des achats de l’Etat et de la principale centrale
d’achat public des incitations pour stimuler l’achat de produits
moins énergivores (chaudières, data centers, équipements pour la
restauration collective…).
Davantage de formation et d’information
La plupart de ces mesures ne pourront pas être mises en place sans
une dynamique et une volonté des acteurs concernés. Par exemple,
sera lancé au 1er trimestre 2012 un appel à projets pour
encourager la formation des entrepreneurs aux économies d’énergie
ou aux diagnostics d’entreprises. Deux programmes ont déjà permis
de former 30.000 stagiaires dans le cadre des conventions du 14
juin 2010 sur la formation aux économies d'énergie des entreprises
et artisans du bâtiment (convention « FEEBat ») et avec le
programme d'accompagnement des professionnels du bâtiment « Règles
de l'Art Grenelle Environnement 2012 » (convention « RAGE 2012 »).
Extrait du rapport : Les actions destinées aux particuliers :
Pourquoi une table ronde nationale pour l’efficacité énergétique ?
L’accident de Fukushima, la hausse inexorable des prix du pétrole,
du gaz et de l’électricité ou encore la décision de l’Allemagne de
sortir du nucléaire relancent avec force le débat sur nos modèles
énergétiques. L’ensemble de ces enjeux consacre l’adage que la
meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas.
En 2010, la facture énergétique de la France s’élevait à 46,2
milliards d’euros représentant ainsi 2,4 % du PIB. Les secteurs
les plus consommateurs d’énergie sont le bâtiment, les transports
et l’industrie.
Renforcer l’efficacité énergétique constitue l’un des moyens les
plus simples de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, de
garantir un approvisionnement en énergie sûr et durable et
d’améliorer notre indépendance énergétique. Elle permet de
soutenir le développement économique, de créer des emplois et de
réduire les coûts d’énergie supportés par les ménages, les
entreprises et les pouvoirs publics.
Quels étaient les objectifs de la table ronde ?
Lancée en juin 2011, la table ronde nationale pour l’efficacité
énergétique avait pour objectif d’approfondir les mesures du
Grenelle de l’environnement et d’explorer de nouveaux gisements
d’économies d’énergie. Elle devait permettre d’atteindre
Réduire les consommations et les factures énergétiques des
ménages, avec une attention particulière aux ménages précaires
En 2010, chaque ménage a consacré en moyenne 2 900 € à l'énergie
(habitat, transports).
Huit français sur dix considèrent l'efficacité énergétique comme
un enjeu important, 57% citant l'augmentation du prix de l'énergie
comme une motivation principale à mieux consommer. Pourtant, la
France fait partie des pays européens où l'électricité est la
moins chère. Au regard des prix TTC, un ménage français paye son
électricité 27% moins cher que la moyenne de l'Union Européenne.
Les mesures proposées par le groupe de travail doivent permettre
de réduire les consommations et la facture d'énergie des ménages,
notamment pour les ménages en situation de précarité énergétique.
Pour les ménages, les gisements d'économie d'énergie identifiés
concernent les domaines suivants : l'habitat, la mobilité, les
équipements et biens de consommation.
Accélérer la rénovation thermique de l’habitat
En France le bâtiment est le secteur le plus consommateur
d’énergie puisqu’il utilise 43% de l’énergie finale et rejette 25%
des émissions de CO2. Dans le cadre de la mise en œuvre du
Grenelle, l’accent a été mis sur le bâtiment neuf avec
l’élaboration de la nouvelle réglementation thermique, la RT 2012,
qui vise la généralisation des bâtiments basse consommation (BBC).
Le groupe « Ménages » de la Table ronde nationale pour
l’efficacité énergétique a insisté sur la nécessité de donner
également la priorité à l’amélioration énergétique du parc
existant si l’on veut atteindre l’objectif du Grenelle de réduire
de 38 % les consommations d’énergie des bâtiments en 2020.
Action 1 : approfondir les dispositifs d’aide à la rénovation
thermique de l’habitat
-
Cumuler le crédit d’impôt développement durable et l’éco-prêt à
taux zéro (Eco-PTZ) pour soutenir les travaux de rénovation
énergétique les plus économes.
Le cumul du crédit d’impôt développement durable et de l’éco-prêt
à taux zéro sera rétabli, sous condition de ressources dès le 1er
janvier 2012.
- Etendre l’Eco-PTZ aux syndicats de copropriété :
Sur un parc de près de 30 millions de logements, plus de 8
millions sont en copropriétés. Le fonctionnement classique d’une
copropriété et son mode d’adoption et de vote des travaux font
que, très souvent, seules les actions prioritaires et d’urgence
sont réalisées. Cette mesure devrait permettre aux syndicats de
copropriétés d’engager des travaux de rénovations lourdes.
Ces dispositions, largement inspirées du rapport remis par
Philippe Pelletier et approuvées par la consultation de l’ensemble
des parties prenantes, sont intégrées au projet de loi de finances
pour 2012.
Action 2 : fiabiliser les diagnostics de performance énergétique
(DPE) en améliorant leur méthodologie, en les rendant plus
transparents et en renforçant la qualification et le contrôle des
diagnostiqueurs
Le diagnostic de performance énergétique étant amené à jouer un
rôle de plus en plus important dans les décisions d’acquisition ou
de location, il est nécessaire de poursuivre le processus
d’amélioration de cet outil. Le gouvernement souhaite que
l’efficacité énergétique devienne un critère de choix lors des
décisions d’achat comme de location d’un bien immobilier. Il faut
donc que le DPE soit une référence incontestable.
Les axes du plan de fiabilisation du DPE et le calendrier
prévisionnel associé sont :
1.
transparence des données (liste exhaustive des données d’entrée
renseignées par le diagnostiqueur et explications permettant
d’accompagner les propriétaires et les locataires dans
l’appréhension de la technicité du document, explications des
écarts entre les consommations d’énergie réelles et les
consommations conventionnelles déterminées par le DPE) : signature
prévisionnelle d’un arrêté modificatif en février 2012 ;
2.
amélioration de la méthode de calcul (précisions apportées à la
méthode de calcul en réduisant l’importance des scénarii
conventionnels) : études et phase de test en cours, arrêté
modificatif prévu pour fin février 2012 ;
3.
validation des logiciels (rendre la procédure d’évaluation des
logiciels obligatoire de façon à limiter les divergences et les
erreurs des différents logiciels afin que ces derniers ne soient
plus une source d’incertitude) : arrêté prévu pour janvier 2012 ;
4.
création d’une base de données (constitution d’une base de données
exhaustive des nouveaux DPE réalisés qui offrira des statistiques
utiles à l’élaboration des stratégies nationales et locales en
matière d’énergie dans le bâtiment) : action en cours ;
5.
montée en compétence des diagnostiqueurs (exiger un pré-requis -
formation et / ou expérience - à la certification et une formation
spécifique DPE, exiger une formation à la recertification de façon
à assurer un niveau de connaissance minimum élevé) : arrêté prévu
pour janvier 2012 ;
6.
amélioration du contrôle et de la qualité des diagnostics : arrêté
prévu pour janvier 2012.
Action 3 : renforcer le programme « Habiter Mieux »
Le programme « Habiter Mieux » vise à réaliser des travaux de
rénovations thermiques pour 300 000 ménages propriétaires
occupants, en situation de précarité énergétique afin d’améliorer
d’au moins 25 % la performance énergétique de leur logement.
Ce programme est doté de 1 100 M€ sur la période 2010-2017 (600 M€
pour l’ANAH et 500 M€ au titre des Investissements d’avenir), avec
en complément 250 M€ correspondant à la participation d’ici 2017
des fournisseurs d’énergie.
Les fournisseurs d’énergie se sont engagés à contribuer à hauteur
de 85 M€ sur la période 2011-2013 (convention d’engagement signée
le 30 septembre 2011).
Des mesures sont en cours pour renforcer le repérage et la
solvabilisation des ménages en situation de précarité énergétique,
ainsi que pour faciliter l'ingénierie du programme avec un
objectif de 30 000 logements pour l’année 2012.
Enfin, l’aide de solidarité écologique aux travaux, octroyée sous
condition de ressources aux propriétaires occupants en complément
de la subvention principale de l’ANAH, va être portée de 1 100 € à
1 600 €.
Action 4 : automatiser l’attribution des tarifs sociaux pour le
gaz et l’électricité
Les tarifs sociaux créés en 2005 pour l'électricité et en 2008
pour le gaz constituent une réponse à la précarité énergétique. En
revanche, seuls 600 000 sur les 1,5 à 2 millions de foyers
éligibles bénéficient actuellement de ces tarifs sociaux. La
procédure, même allégée, reste un obstacle pour les ménages en
grande difficulté sociale. Le mécanisme d'attribution sera donc
automatisé et permettra ainsi de tripler le nombre de
bénéficiaires et plus d'un million de ménages supplémentaires en
bénéficieront. Désormais, sous le contrôle de la CNIL, grâce au
fichier des allocataires de la CMU complémentaire, les foyers
éligibles aux tarifs sociaux en bénéficieront automatiquement sans
avoir à faire de démarche. Ce nouveau dispositif rentrera en
application début 2012.
Action 5 : reconduire l’éco-prêt logement social (éco-PLS) pour
les bailleurs sociaux
La première version de l’Eco-PLS, sous forme de prêt à taux fixe,
a mis à disposition des organismes de logements sociaux une
enveloppe de 1,2 G€, totalement épuisée au 1er juin 2011. Celle-ci
a permis la rénovation de 100 000 logements sociaux (dont 20 000
de classe D de performance énergétique).
L’Eco-prêt logement social, est à nouveau distribué par la Caisse
des dépôts et consignations dès décembre 2011. Un prêt renouvelé
est ainsi mis en place, sans contingentement annuel et dans les
mêmes conditions d’éligibilité que l’ancien éco-prêt.
Le taux de cet éco-prêt logement social sera indexé sur le livret
A et fonction de la durée du prêt (comprise entre 15 et 25 ans).
Il sera accessible pour les logements les plus énergivores : de
catégorie énergétique E à G, et de catégorie D sous certaines
conditions.
Action 6 : lancer une étude pour favoriser la vente des biens
immobiliers les moins consommateurs en énergie
L’objectif recherché à travers la mission est d’étudier toutes les
solutions nouvelles pertinentes en vue d’inciter à la réalisation
de travaux d’amélioration de la performance énergétique grâce à la
fiscalité qui pèse sur le logement : droits de mutation, mais
également taxe foncière, taxe d’habitation et impôt sur le revenu
(revenus locatifs et plus-values).
Compte tenu des enjeux qui sont autant économiques et sociaux
qu’énergétiques, une mission interministérielle sera mise en
place, pilotée par le Conseil Général de l’Environnement et du
Développement Durable (CGEDD), en collaboration avec les
inspections générales concernées5.
La mission s’attachera à recueillir les informations et les
observations de l’ensemble des acteurs : professionnels de la
construction, professionnels de l’immobilier (notaires, agents
immobiliers…), associations d’élus (AMF, ADF, ARF…), associations
de consommateurs… Le rapport définitif devra être livré en juin
2012 suite à un premier rapport d’étape pour mars 2012.
Action 7 : Etudier l’explicitation de critères énergétiques dans
les textes sur la décence dans le parc locatif
Les dispositifs juridiques existants déterminant la qualité des
logements, comme les textes sur la décence, ne permettent pas
d’appréhender au mieux la précarité énergétique. La notion de «
décence » rend compte de risques en termes de sécurité et de santé
des occupants du logement.
Il convient de définir comment expliciter des critères
d’efficacité énergétique pour compléter ces notions afin de
limiter la possibilité de louer des logements trop énergivores et
d’inciter les propriétaires bailleurs à réaliser une mise à niveau
des logements qu’ils louent.
Un groupe de travail sera chargé de faire des propositions d’ici
mai 2012. Il rassemblera à la fois des organismes maîtres
d'ouvrage d'insertion (ex. PACT6 du Nord), des représentants de
locataires, des techniciens de la construction, le Pôle national
de lutte contre l’habitat indigne (PNLHI) et les ministères de
l’écologie et de la santé. Pour en savoir plus,
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