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Initiée
il y a un an et demi, la loi portant réforme du crédit à la
consommation a été définitivement adoptée par le Parlement le 21
juin. Objectif : mieux encadrer la distribution des prêts, en
particulier les crédits renouvelables, et améliorer
l’accompagnement des personnes endettées.
Sa mise en application
est programmée de manière échelonnée jusqu’en mai 2011. Les
premières mesures sont entrées en vigueur le 1er juillet. L’une
d’elles porte sur la suppression des pénalités libératoires qui
devaient être versées au Trésor public par les particuliers
interdits bancaires à la suite de chèques impayés et qui
souhaitaient obtenir leur radiation du fichier central des chèques
une fois leur situation régularisée.
La
loi portant réforme du crédit à la consommation renforce la
protection du consommateur pour prévenir le surendettement. Elle
transpose en droit interne la directive communautaire du 23 avril
2008 sur le crédit aux consommateurs dont le champ d’application
est modifié. Elle réforme la procédure du surendettement et touche
sur certains points l’activité des intermédiaires de crédit, les
engagements de garantie, la publicité sur les dispositifs
d’investissement locatif, le micro-crédit, le droit de la famille
et la copropriété.
Outre les modifications sensibles qu’elle apporte à la pratique du
crédit immobilier, du fait de l’extension du champ d’application
de ce dernier, elle a un impact sur les prêts pour travaux de
réparation, d’amélioration ou d’entretien non liés à l’acquisition
d’un immeuble et sur l’assurance emprunteur, y compris en cas de
crédit immobilier.
Au nombre des dispositions qui seront mises en œuvre en septembre
prochain, on relève celle qui obligera les organismes prêteurs à
mentionner le taux d’intérêt du crédit dans une taille de
caractère plus importante que celle qui est utilisée pour
l’affichage du taux promotionnel. En outre, ils devront désigner
le crédit renouvelable par cette seule appellation et ainsi
renoncer à des termes comme "réserve d’argent" ou "crédit
revolving" par exemple.
En
novembre, c’est le volet "surendettement" de la loi qui commencera
à s’appliquer.
Champ
d’application du crédit à la consommation
(loi du 1.7.10 : art. 3 / CC : L.311-2 à L.311-3 ; loi du 1.7.10 :
art. 20 / CC : L.312-2)

Crédit à la
consommation et crédit immobilier
Le
champ d’application du crédit à la consommation est revu quant à
la nature des opérations qui en relèvent et quant à leur plafond
qui est porté de 21 500 € à 75 000 €. Cette modification a des
répercussions sur le champ du crédit immobilier. Les dispositions
du code de la consommation relatives au crédit immobilier sont
donc modifiées en conséquence (CC : L.312-2). Les opérations de
crédit de moins de 200 € sont exclues du champ d’application du
régime du crédit à la consommation.
Relèvent du crédit
immobilier et non du crédit à la consommation, quel que soit leur
montant :
les opérations liées à des travaux de construction. auparavant,
elles étaient soumises au même plafond que les dépenses de
réparation, d’amélioration ou d’entretien ;
les travaux de réparation, d’amélioration ou d’entretien réalisés
à l’occasion de l’achat d’un bien immobilier et financés par une
même opération de crédit ;
comme auparavant, les opérations destinées à permettre
l’acquisition ou le maintien de droits de propriété ou de
jouissance d’un terrain ou d’un immeuble existant ou à construire,
y compris lorsqu’elles visent également à permettre la réalisation
de travaux de réparation, d’amélioration ou d’entretien du terrain
ou de l’immeuble acquis.
En
revanche, les prêts pour des travaux de réparation, d’amélioration
ou d’entretien d’un immeuble qui ne sont pas liés à l’acquisition
d’un bien ne sont soumis au régime du crédit immobilier, que s’ils
dépassent 75 000 €. En deçà ils sont soumis au régime du crédit à
la consommation.
Ces
dispositions entrent en vigueur le 1er mai 2011 et pour les seuls
contrats dont l’offre a été émise à compter de cette date.
Les points clés de la réforme :
Un tiers des ménages français dispose
aujourd'hui d'un crédit à la consommation. Instrument utile et
nécessaire à la vie des ménages, il permet de réaliser des
dépenses au moment où elles sont les plus utiles ou de faire face
à des dépenses imprévues. Ainsi, près des deux tiers des
acquisitions de véhicules automobiles sont financées par un crédit
à la consommation. De même, le crédit renouvelable finance 40 % du
chiffre d'affaires du secteur de la vente à distance. Pour autant,
le crédit à la consommation n'est pas un acte anodin. Il s'agit
d'un contrat qui engage autant le ménage qui souscrit le crédit
que le professionnel qui le distribue. Les conséquences de cet
engagement doivent être pleinement mesurées afin que l'entrée en
crédit soit réussie.
Prévoir des garde-fous à l'entrée dans le crédit
Aujourd'hui, dans un contexte de crise,
il est plus que jamais crucial de mieux protéger le consommateur,
de mettre fin aux abus et de mieux accompagner les personnes
surendettées. C'est dans cet esprit que le Gouvernement souhaite
développer l'accès au crédit mais à un crédit plus responsable à
travers une importante réforme du crédit à la consommation. Dès
septembre 2008, à l'occasion d'un déplacement dans une commission
de surendettement à Saint Denis, Christine LAGARDE s'était engagée
auprès des associations de consommateurs à présenter un projet de
réforme ambitieux. Après de nombreuses concertations avec les
élus, associations de consommateurs et professionnels du crédit,
le ministre a présenté, au printemps 2009, un projet de loi,
destiné à développer un crédit plus responsable et mieux
accompagner les personnes qui connaissent des difficultés
d'endettement.
Prévenir le surendettement des ménages
Le Sénat et l’Assemblée nationale ont
adopté ce texte en première lecture respectivement les 17 juin
2009 et 27 avril 2010. Il vise à garantir une commercialisation
responsable du crédit à la consommation et une meilleure
prévention du surendettement. Il entend également améliorer la
prise en compte de la situation des personnes qui connaissent des
difficultés d'endettement. Il propose notamment des dispositions
qui encadrent la distribution du crédit en magasins,
responsabilisent les cartes de fidélité, luttent contre les
pratiques abusives dans la publicité, renforcent la protection du
consommateur-emprunteur ou encore réglementent l'activité de
rachat de crédit.
Les principales mesures de la réforme
Cartes de fidélité : interdiction de conditionner les avantages
commerciaux à l'utilisation à crédit des cartes de fidélité et des
cartes de paiement. Les cartes de fidélité auxquelles une fonction
crédit est attachée devront obligatoirement comprendre une
fonction paiement au comptant. Par défaut, la fonction paiement au
comptant de la carte de fidélité ou bancaire sera activée.
L’activation de la fonction crédit de la carte ne sera plus
possible sans l’accord exprès du consommateur à chaque opération.
Publicité : Interdiction des mentions
qui suggèrent qu’un crédit améliore la situation financière ou le
budget de l’emprunteur. Obligation de faire figurer le taux
d’intérêt du crédit dans une taille de caractère au moins aussi
importante que celle utilisée pour le taux d’intérêt promotionnel.
Obligation de désigner le « crédit renouvelable » par cette seule
appellation à l’exclusion de toute autre.
Crédit renouvelable : Prévoir que chaque
échéance de crédit renouvelable comprend obligatoirement un
amortissement minimum du capital restant dû. Obligation pour les
prêteurs de fermer les comptes de crédit renouvelable inactifs
après deux ans en cas d’inactivité (contre 3 ans aujourd’hui).
Choix des consommateurs sur le type de crédit :
le consommateur se verra proposer le choix entre crédit
amortissable et renouvelable lorsqu’il demande (en magasin ou sur
internet) un crédit pour un achat de plus de 1000€.
Crédit responsable : Obligation pour le
prêteur de vérifier la solvabilité de l’emprunteur à l’ouverture
d’un crédit et régulièrement, tout au long de la vie du contrat,
pour les crédits renouvelables. Obligation pour les prêteurs de
consulter le fichier FICP qui recense les incidents de
remboursement sur les crédits aux particuliers avant d’accorder un
crédit.
Rachats de crédit : définition de règles
spécifiques applicables aux opérations de rachats de crédits.
Délai de rétractation : porté de 7 à 14 jours
Autorité de contrôle prudentiel : contrôle de la commercialisation
des crédits
Réforme de l'assurance emprunteur : Suppression de la
disposition législative qui autorise les banques, à l’occasion
d’une demande de crédit immobilier, à imposer au consommateur
d’adhérer au contrat d’assurance emprunteur qu’elles
commercialisent. Si les banques refusent l’assurance déléguée,
elles devront motiver leur décision. Les banques n’auront pas le
droit de moduler le taux d’intérêt du crédit si l’emprunteur
décide de prendre une assurance déléguée.
Plans de surendettement : réduction de la durée maximale
des plans de surendettement de 10 à 8 ans, pour favoriser le
rebond des personnes qui connaissent des difficultés d’endettement
Commissions de surendettement : 3 mois au lieu de 6 pour
décider de la recevabilité des dossiers de surendettement,
décision de rééchelonnements et effacements d'intérêts par les
commissions
Fichier des incidents de paiement : modernisation du
fonctionnement du fichier et réduction de la durée d'inscription
pour faciliter le rebond des personnes connaissant des difficultés
d'endettement
Calendrier d’entrée en vigueur des principales
dispositions de la loi portant réforme du crédit à la consommation
et lutte contre le surendettement
La loi de Christine LAGARDE portant
réforme du crédit à la consommation vise à protéger les
consommateurs des abus et des excès et à responsabiliser les
prêteurs. L’examen par l’Assemblée nationale et le Sénat en
première lecture du projet de loi avait permis de compléter et
d’améliorer le texte proposé par le Gouvernement. La deuxième
lecture par le Sénat, intervenue le 21 juin 2010, a vu l'adoption
définitive de ce texte ambitieux. La loi a ensuite été publiée
dans les tous premiers jours de juillet et verra donc l’entrée
en vigueur immédiate des mesures suivantes :
La suppression des pénalités libératoires
Qui doivent aujourd’hui être versées au Trésor public par les
particuliers et les entreprises, interdits bancaires, pour obtenir
leur radiation du fichier central des chèques (art 19 ter).
La création du comité de préfiguration
La création du comité de préfiguration
chargé de la remise du rapport sur la création d’un registre
national des crédits.
L'entrée en vigueur en septembre 2010 :
De l'encadrement de la publicité: avec l'interdiction des mentions
qui suggèrent qu’un crédit améliore la situation financière ou le
budget de l’emprunteur; l'obligation de faire figurer le taux
d’intérêt du crédit dans une taille de caractère plus importante
que celle utilisée pour le taux d’intérêt promotionnel;
l'obligation de désigner le « crédit renouvelable » par cette
seule appellation à l’exclusion de toute autre; exemple
représentatif; l'interdiction de la publicité en faveur des
cadeaux associés à un crédit.
Du développement du microcrédit : avec l'autorisation aux
particuliers de financer par des prêts l’activité des associations
de microcrédit; l'obligation d’information annuelle et publique
relative à l’activité des banques en matière de microcrédit.
Du choix donné aux consommateurs en matière d’assurance emprunteur
: la suppression de la disposition législative qui autorise les
banques, à l’occasion d’une demande de crédit immobilier, à
imposer au consommateur d’adhérer au contrat d’assurance
emprunteur qu’elles commercialisent; obligation de motiver tout
refus d’assurance déléguée; l'interdiction de moduler le taux
d’intérêt du crédit selon que l’emprunteur décide ou non de
prendre une assurance déléguée.
De l'encadrement des rachats de crédit: définition de règles
spécifiques applicables aux opérations de rachats de crédits
(seuil d’applicabilité du régime du crédit immobilier).
Entrée en vigueur en novembre 2010 de la réforme
du surendettement et du FICP
Réduire la durée des plans de surendettement : la durée maximale
des plans de surendettement est réduite de 10 à 8 ans, pour
favoriser le rebond des personnes qui connaissent des difficultés
d’endettement.
Raccourcir la durée des procédures de surendettement: 3 mois au
lieu de 6 pour décider de l’orientation des dossiers de
surendettement, décision de rééchelonnements et effacements
d'intérêts par les commissions.
Suspension des mesures d’exécution à la recevabilité du dossier.
Obligation d’assurer la continuité des services bancaires
lorsqu’un client dépose un dossier de surendettement.
Raccourcissement des durées d’inscription au FICP de 8 à 5 ans
suite à une Procédure de rétablissement personnel et de 10 à 5 ans
dans le cas d’un plan de remboursement suite à une procédure de
surendettement.
Ouvrir l’accès des commissions de surendettement aux surendettés
propriétaires.
Entrée en vigueur en avril 2011
De la réforme du taux d’usure pour le
crédit à la consommation : passage d’un système où les taux
d’usure dépendent de la nature des crédits à un système fondé sur
le montant des crédits pour réduire les taux d’usure et encourager
le développement du crédit amortissable.
Entrée en vigueur en mai 2011
De l'encadrement du crédit renouvelable :
prévoir que chaque échéance de crédit renouvelable comprend
obligatoirement un amortissement minimum du capital restant dû;
obligation pour les prêteurs de fermer les comptes de crédit
renouvelable inactifs après deux ans en cas d’inactivité (contre 3
ans aujourd’hui); vérification de la solvabilité tout au long de
l’exécution d’un crédit renouvelable et non plus seulement lors de
son ouverture.
Du choix des consommateurs sur le type de crédit
: le consommateur se verra proposer le choix entre crédit
amortissable et renouvelable lorsqu’il demande (en magasin ou sur
internet) un crédit pour un achat de plus de 1000€.
Des sécurités à l’entrée en crédit :
devoir d’explication et obligation de vérification préalable de la
solvabilité; obligation pour les prêteurs de consulter le fichier
FICP qui recense les incidents de remboursement sur les crédits
aux particuliers avant d’accorder un crédit; obligation pour le
prêteur sur le lieu de vente ou à distance de remplir une «fiche
de dialogue», assortie de justificatifs au-delà d’un seuil; délai
de rétractation porté de 7 à 14 jours; plafonnement des cadeaux
pouvant être associés à un crédit; encadrement des commissions
payées aux vendeurs de crédit; obligation de formation des
vendeurs.
Pour les cartes de fidélité:
de l'interdiction de conditionner les avantages commerciaux à
l'utilisation à crédit des cartes de fidélité; les cartes de
fidélité auxquelles une fonction crédit est attachée devront
obligatoirement comprendre une fonction paiement au comptant; par
défaut, la fonction paiement au comptant de la carte de fidélité
ou bancaire sera activée; l’activation de la fonction crédit de la
carte ne sera plus possible sans l’accord exprès du consommateur à
chaque opération.
Pour aller plus loin
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La loi n° 2010-737 du 1er juillet
2010 portant réforme du crédit à la consommation
Source : Ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi -
21 juin 2010 - Actualisé le 2 juillet 2010 |