|
|
|
Le 3 décembre, les députés du Nord et de la Haute-Savoie,
Christian Bataille et Claude Birraux, lors de la présentation à la
presse de leur rapport sur les modulations de la future norme des
50kWh, avaient déclaré qu'ils seraient "très fâchés" de ne pas
être entendus. Le 9 décembre, Claude Birraux a souhaité s'assurer
publiquement que leur rapport servira bien à la rédaction de la RT
2012 qui intégrera les objectifs fixés dans la loi dite Grenelle
1. Il a donc demandé au ministre d'État Jean-Louis Borloo ce qu'il
comptait faire des propositions. C'est le secrétaire d'État chargé
du logement et de l'urbanisme, Benoist Apparu, qui lui a répondu.
"La modulation
de la norme en fonction de la taille des logements aura retenu
toute l'attention du Gouvernement"
"Votre rapport
valide un certain nombre de points essentiels à nos yeux. D'abord,
il valide les coefficients de conversion qui avaient, vous le
savez, fait l'objet d'âpres discussions. Il conforte l'objectif,
longuement débattu, des 50 kilowattheures par mètre carré et par
an ; il précise que nous parlons, bien évidemment, en énergie
primaire. Il confirme, enfin, que les techniques existantes
permettent dès aujourd'hui d'atteindre ces objectifs de basse
consommation, sans surcoût pour la construction de bâtiment, ce
qui est crucial." a déclaré, face à l'hémicycle, Benoist Apparu.
Au sujet de la
proposition, mise en avant par les rapporteurs, de moduler la
norme des 50kWhep/m²/an en fonction de la surface des logements,
le secrétaire d'État en charge du logement a indiqué qu'elle "aura
retenu toute l'attention du Gouvernement".
Pas d'avis sur la proposition d'un seuil complémentaire sur les
dégagements de CO2
Benoist Apparu
ne s'est pas exprimé sur l'idée, soulignée dans le rapport, de ne
pas appliquer ce plafond des 50 kWhep/ m²/an au tertiaire, alors
que l'article 4 de la loi Grenelle 1 prévoit de le rendre
obligatoire "par anticipation à compter de la fin 2010, s'il
s'agit de bâtiments publics et de bâtiments affectés au secteur
tertiaire". Autre sujet sensible, l'obligation, suggérée par les
rapporteurs, d'installer, dans les logements, un équipement
permettant d'assurer le refroidissement de l'air intérieur n'a pas
non plus été abordé.
Concernant la
proposition de fixer un seuil complémentaire sur les dégagements
en CO2, motivé par les rapporteurs par la volonté de "faire
barrage au tout-gaz", Benoist Apparu a préféré aussi ne pas
émettre d'avis.
Côté
calendrier, le secrétaire d'Etat a précisé au rapporteur que,
grâce à ses travaux, Jean-Louis Borloo, Chantal Jouanno et lui
même "serons en mesure, dès le mois de janvier 2010, d'établir les
grandes lignes de cette nouvelle réglementation thermique, et de
publier les textes dès la mi-2010". |
|
|
|
CONCEVOIR MIEUX
POUR ÉCONOMISER L'ÉNERGIE
Le premier
réflexe qu'on peut avoir face à l'idée d'un abaissement drastique
de la consommation énergétique des bâtiments consiste à craindre
que cela ne soit pas possible, tant le nombre de paramètres à
maîtriser pour atteindre cet objectif semble important.
Il faut
évidemment renforcer l’isolation, ce qui consiste finalement à
piéger de l’air immobile dans un maximum de couches indépendantes
superposées dans le but de minimiser les transferts d’énergie par
choc entre les molécules.
L’isolation
extérieure est considérée comme la plus efficace car elle élimine
d’emblée presque tous les « ponts » thermiques en plaçant le
bâtiment sous une sorte de cloche protectrice ; c’est une pratique
encore peu développée en France, où l’on maîtrise plutôt
l’isolation intérieure, alors qu’elle est courante en Suisse et en
Allemagne.
Mais une
isolation renforcée sur la base d’une construction classique ne
saurait suffire. Elle se heurte du reste au phénomène physique qui
veut que le surcroît d’isolation obtenu diminue avec le nombre de
couches rajoutées : au-delà de 30 centimètres, la dizaine de
centimètres d’épaisseur supplémentaire diminue la surface utile du
bâtiment sans procurer un gain sensible pour l’isolation.
De fait, les
visites des réalisations conduites par Effinergie à Lyon, Minergie
à Fribourg en Suisse, ou par la ville de Fribourg-en-Brisgau en
Allemagne, ont vite permis à vos rapporteurs de prendre conscience
que la faisabilité des bâtiments à basse consommation d'énergie
dépend d'une condition majeure : un très important effort de
conception initiale.
Cet effort
doit notamment porter sur trois points :
- d'abord, il faut adopter autant que possible une forme de
bâtiment qui minimise les échanges thermiques avec l'extérieur :
il s’agit d’obtenir le volume intérieur le plus grand possible
pour la surface externe la plus réduite possible. L'idéal
géométrique de ce point de vue est la sphère, dont la forme
parallélépipédique la plus proche est le cube. Comme l'a expliqué
M. Alain Liebard à vos rapporteurs, à partir d'une vue de dessus
d'une construction en L, tous les retraits, toutes les ailes ne
font qu’accroître beaucoup la surface d’exposition pour un faible
gain en volume habitable. Les maisons performantes du point de vue
énergétique ont fondamentalement un aspect un peu massif, sauf si
l’invention des architectes parvient à compenser cet inconvénient
par un effet d’optique; ainsi, sur le site Minergie de Cormeilles
en Parisis, les toits sont posés par dessus l'habitacle isolé
comme s'il s'agissait de structures extérieures décoratives;
- ensuite, il est essentiel d’assurer une étanchéité à
l’air la plus parfaite possible (on minimise la « perméabilité »)
pour donner toute son efficacité à l’isolation. Cela suppose un
effort de conception au niveau des méthodes de construction, pour
atteindre la perfection de réalisation nécessaire, ce qui donne un
intérêt nouveau à la préfabrication d’éléments, mais aussi à la
qualité d’assemblage ; en outre, une coordination plus précise des
corps de métiers (un esprit d’équipe) devient alors indispensable
afin d’éviter que la finition du travail de l’un ne soit remise en
cause par l’intervention de l’autre ;
- enfin, il s'agit de tirer le meilleur parti des apports
naturels en énergie du site. Cela concerne l’exposition solaire,
qui doit piloter le choix de l’orientation cardinale du bâtiment
et l’inclinaison du toit, de façon à profiter du rayonnement
solaire en hiver, et à s’en protéger en été. Cela concerne aussi
l’orientation du bâtiment et de ses ouvertures par rapport aux
vents dominants. Ainsi, on ne peut plus présupposer que l’entrée
du bâtiment doive donner systématiquement sur la rue. Cela
concerne enfin l’utilisation des ressources du sol, si la terre
est suffisamment dense pour rendre possible un puits canadien, ou
si la proximité d’une nappe d’eau souterraine permet d’y brancher
la source d’approvisionnement en calories d’une pompe à chaleur
géothermique.
|