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Pourquoi isoler ?
Une bonne isolation thermique consiste à limiter les échanges entre
l'extérieur et l'intérieur de la maison, par la mise en place d'un
matériau isolant. Les calories profitent du moindre point faible pour
s'échapper (un espace entre le vantail et le dormant d'une fenêtre, un
pont thermique, des matériaux de construction insuffisamment
résistants),
En neuf, optez pour des modes de construction isolants : béton
cellulaire, brique creuse alvéolaire, maison à ossature et composants
bois...
En rénovation, renforcez classiquement votre isolation :
doublement des parois, des sols et des sous-toitures avec de la laine
minérale, des isolants naturels, des panneaux de fibres de bois, etc.
Comment fonctionne un isolant ?
Dans une maison non isolée, les calories produites par le chauffage
atteignent les parois par convection ou rayonnement, les traversent
par conduction et se dispersent à l’extérieur sans avoir eu le temps
de les échauffer. Le rôle de l’isolation est de s’opposer au passage
des calories au moyen de matériaux isolants ayant la plus faible
capacité de conduction possible.
Le plus mauvais conducteur de flux thermiques – donc le meilleur
isolant - est le vide qui autorise seulement les échanges par
rayonnement. Mais le « vide » n’existe pas naturellement sur terre :
un matériau creux est toujours rempli d’air. Il faut donc trouver un
matériau isolant avec des alvéoles d’air les plus petites possibles
pour réduire au maximum les échanges par convection (échange de
calories de la paroi chaude vers la paroi froide).
L’isolation a pour objectifs de diminuer les échanges thermiques entre
la construction et son environnement et d’optimiser le confort été
comme hiver. On isole donc pour diminuer les déperditions de chaleur
en hiver et pour éviter l’entrée de la chaleur en été.

Isoler
pour diminuer les déperditions de chaleur.
Les
déperditions thermiques sont de trois ordres :
• Les déperditions surfaciques : la chaleur s’échappe par les
parois (murs, planchers, toitures, fenêtres). Ces déperditions peuvent
représenter 60 % du total des pertes.
• Les déperditions par ponts thermiques : elles concernent les
fuites de chaleur à la jonction des parois (liaisons murs-planchers,
murs-toitures, murs porteurs-façades,...). Elles varient entre 5 et 25
% de l’ensemble.
• Les déperditions par renouvellement d’air : elles comprennent
la ventilation indispensable au maintien de la qualité de l’air
intérieur et les infiltrations indésirables (mauvaise étanchéité des
huisseries, de la toiture, conduits de fumée).
L’isolation va consister à réduire ces déperditions en agissant de
manière globale et réfléchie.
Isoler pour garantir le confort thermique Eté comme Hiver :
Le bien-être thermique dépend avant tout du confort thermique
ressenti, c’est-à-dire l’absence de sensations physiques désagréables
de chaud, de froid ou d’humidité.
Les conditions climatiques d’une maison sont déterminées par la
température, le taux d’humidité, les mouvements de l’air ambiant et la
température des parois. Dans une maison bien isolée, les variations de
température extérieure ne sont pas perceptibles. Les matériaux
utilisés dans une maison, leur couleur, l’éclairage, l’environnement
sonore, le mode de chauffage ont également une place importante dans
la sensation de bien-être thermique.
Les paramètres du confort ne sont pas les mêmes que l’on soit en été
ou en hiver. Alors qu’en hiver, le moindre mouvement d’air, une
humidité de l’air trop importante est source d’inconfort, en été au
contraire, ces paramètres apportent du bien-être.
Les
qualités d’un isolant :
Un bon isolant, pour être performant, doit avoir les caractéristiques
suivantes : une forte densité (mini 40 kg/m3), une faible conductivité
thermique, un bon comportement au feu, une forte imputrescibilité, un
bon comportement face aux prédateurs et une perméabilité à la vapeur
d’eau.
Des matériaux résistants.
Un matériau isolant se caractérise par sa faible conductivité et sa
grande résistance thermique (R / figure sur l'étiquette). Plus « R »
est important, plus le produit réduit le transfert thermique. En
général, plus l'épaisseur est grande, plus l'isolant est performant (à
l'exception de l'isolant mince).
La
plupart des isolants bénéficient d'une certification ACERMI, décernée
par le CSTB. Celle-ci garantit les performances de l'isolant selon de
nombreux critères :
• la résistance thermique R de l'isolant ;
• ces propriétés physiques, définies par les cinq lettres du mot
ISOLE, chacune assortie à un chiffre. Dans chaque catégorie, plus
l'isolant est performant, plus le chiffre est élevé.
•
Le classement de l'isolant par rapport au feu.
- MO - Incombustible
- M1 - Non inflammable
- M2 - Difficilement inflammable
- M3 - Moyennement inflammable
- M4 - Facilement inflammable
La gamme des isolants.
Ce qui isole, ce n'est pas la matière dont est fait l'isolant... mais
l'air!
Le pouvoir isolant d'un matériau est en effet principalement assuré
par l'air piégé dans des fibres ou des micro-bulles. Plus cet air est
sec et immobile, moins la chaleur peut se propager dans le matériau,
et plus son pouvoir isolant est important.
Les isolants légers peuvent se répartir en trois grands groupes :
• les isolants à base minérale comme la laine de verre, la
laine de roche, la vermiculite, la perlite, le verre cellulaire ou
l'argile expansée ;
• les isolants à base de matière plastique alvéolaire comme le
polystyrène expansé, le polystyrène extrudé et le polyuréthane ;
• les isolants à base végétale ou animale tels que le fibragglo,
le liège, les fibres de bois, la ouate de cellulose, le chanvre, la
filasse de lin, le coton, la fibre de coco, la laine. Ils offrent
d'assez bonnes performances, sont recyclables en fin de vie et
nécessitent peu d'énergie lors de leur fabrication.
Tous
les isolants participent théoriquement à la préservation de
l’environnement puisqu’ils permettent des économies de chauffage,
voire de climatisation en été, ce qui réduit le recours aux énergies
non renouvelables.
Comment s’y prendre pour isoler sa maison ?
Tout projet d’isolation d’un logement nécessite une approche globale.
Il faut se poser les bonnes questions sur la spécificité de son projet
en évitant absolument de plaquer une recette universelle sur une
situation particulière. Faire réaliser un diagnostic énergétique
global avant de ce lancer dans des travaux et la meilleur solution
afin de ce fixer les priorités et l’ordre d’intervention.
Les éléments à prendre en compte
• Nature de la maison : on n’agit pas de la même façon sur un
bâti ancien ou sur une maison en construction. La qualité des
matériaux en place, la ventilation existante sont également des
éléments à prendre en compte.
• Isolants et matériaux en place : si les vitrages sont déjà
isolés, si un isolant couvre déjà le grenier, vérifiez l’étanchéité
des premières et la qualité du second. Des problèmes d’humidité
peuvent avoir modifiés de façon fatale la résistance thermique d’un
isolant.
• Périodicité de l’usage : un bâtiment utilisé de façon
intermittente ne doit pas avoir les mêmes caractéristiques qu’une
habitation permanente.
Les surfaces à isoler :
1] Isolation des toitures :
L’isolation
des toitures constitue un enjeu majeur dans le système d’isolation
d’une maison. L’air intérieur chauffé monte (convection) et a tendance
à s’échapper préférentiellement de la maison par le haut. Si le toit
n’est pas isolé, les déperditions thermiques par conduction sont
énormes. Dans les maisons anciennes, il faut isoler entre la partie
habitée de la maison et le grenier ou les combles. L’isolation de la
dalle ou du plancher du grenier ou des combles est largement moins
coûteuse et plus aisée que l’isolation de la toiture (charpente).
Si les combles sont utilisées de manière intermittente, il est
avantageux d’isoler et le sol et la toiture pour bénéficier à la fois
de l’isolation hivernale et du confort d’été.
Dans le cas d'un comble non habité, l'isolant peut être posée
directement au-dessus du plafond en vrac ou en rouleaux. Dans ce
dernier cas, l'idéal est de le disposer en deux couches croisées pour
éviter toute perte de chaleur à la jonction entre deux rouleaux.
La pose entre chevrons de panneaux ou rouleaux de laine minérale ou
végétale est une solution peu coûteuse en fourniture mais plus longue
à mettre en œuvre.
Pour les combles, les sols et autres espaces horizontaux, on utilisera
plutôt des isolants en vrac (billes, granulats, paillettes, flocons,
laines...), moins coûteux, que l’on met en œuvre par simple
déversement.
La pose d'un isolant en vrac entre chevrons nécessite une hauteur
de chevron importante et l'addition d'un produit qui fixe l'isolant
pour qu'il ne glisse pas. Elle ne permet pas en outre une isolation
continue avec de nombreux ponts thermiques entre chevrons.
2]
Isolation des fenêtres et des portes :
Les
fenêtres constituent naturellement les parois de l’habitation les plus
vulnérables aux déperditions thermiques (un vitrage simple est trois
fois moins isolant qu’un mur de qualité moyenne). La meilleure
solution pour améliorer l’isolation thermique des baies vitrées, en
construction comme en rénovation, est d’opter pour des vitrages
isolants (double ou triple vitrage). Pour cela, trois options sont
possibles :
1 - changement du vitrage uniquement si le châssis est en bon état.
2 - pose en rénovation sans enlever le dormant.
3 - changement de toute la fenêtre.
La performance d’un vitrage se mesure par la valeur du coefficient de
transmission thermique Uw (vitrage + menuiserie) : elle doit être
inférieure ou égale à 2,3 W/m2.°C. Pour bénéficier du crédit d’impôt,
le coefficient de transmission thermique Ug (vitrage seul) doit être
inférieur ou égal à 1,5 W/m2.°C.
Pour l'entourage même des fenêtres et des baies, choisissez de
préférence du bois contenant de l'isolant plutôt que de l'aluminium,
ce qui permet de compenser environ 40 % des déperditions de chaleur de
la maison.

De volets en bois ou un rideau épais à l’intérieur mis en place à la
tombée de la nuit complèteront avantageusement l’installation.
3]
Isolation des murs :
Faut-il
isoler par l’intérieur ou par l’extérieur ?
-Isolation par
l’intérieur
Elle permet un réchauffement rapide de l’air intérieur (ce qui est
utile dans les locaux à utilisation intermittente) car l’inertie
thermique (capacité à emmagasiner de la chaleur et à la restituer plus
tard, on parle alors de déphasage) du mur n’est pas effective.
Toutefois, attention au risque de surchauffe l’été.
Ne modifie pas l’aspect extérieur.
Elle ne résout pas les ponts thermiques, c'est-à-dire les zones
échappatoires des calories où la barrière isolante est rompue, mais
évite le rayonnement des parois froides.
- Isolation par l’extérieur
Elle permet de profiter de l’inertie thermique des murs pour réguler
la température dans la pièce, quand elle est chauffée, les murs
accumulent une partie de la chaleur qu’ils restitueront
progressivement lorsque le chauffage sera éteint. L’inconvénient est
qu’elle nécessite un temps plus important pour réchauffer une pièce
froide.
En outre, elle maintient la fraîcheur en été et évite les ponts
thermiques.
Si une isolation par l’intérieur est choisie, il faut veillez à garder
de l’inertie (dalle de sol, cloisons intérieures...) et à respecter
les caractéristiques hygrométriques du mur, c’est à dire la capacité
du mur à réguler l’humidité de la pièce.
Les matériaux utilisables pour l’isolation des murs sont variés, en
panneaux, en rouleaux ou en vrac (projeté ou banché), la densité doit
être supérieure à 40 kg/m3 pour avoir un minimum d’efficacité sur le
confort d’été et une bonne tenue dans le temps.
Les murs porteurs.
La
pierre n'est plus beaucoup utilisée aujourd'hui.
Sans avoir les mêmes qualités hygrométriques, ses qualités thermiques
et environnementales se rapprochent de celles de la terre.
Les blocs en béton alvéolaires (parpaings creux) sont largement
utilisés dans la construction individuelle. Un mur en blocs de béton,
même de forte épaisseur, doit absolument être complété par une très
bonne isolation. La faible porosité du béton en fait un mauvais
régulateur hygrométrique. Enfin il a une inertie assez moyenne,
inférieure à celle d'un mur en blocs pleins ou en béton banché.
Le béton cellulaire est un mélange de sable, de ciment et de chaux
qui, additionné avec de la poudre d'aluminium (1%) provoque la
création d'une multitude de bulles d'air. Cette particularité lui
confère de bonnes qualités thermique, acoustique et hygrométrique. Sa
protection au feu est excellente. Il n'a pas besoin d'un isolant
complémentaire et un bloc de trente centimètres procure l'ambiance.
une inertie moyenne. Sa faible résistance mécanique nécessite
cependant une mise en oeuvre soignée.
Les briques de terre cuite sont réalisées à partir de terre argileuse.
Les briques classiques sont légèrement plus isolantes que les
parpaings en béton mais elles doivent être, comme eux, complétées par
un doublage isolant intérieur ou extérieur. Des briques alvéolaires
d'épaisseur importante (briques G) permettent cependant de réaliser un
mur à la fois porteur et isolant. Outre l'inertie thermique qu'il
apporte, ce matériau assure une bonne régulation hygrométrique.
Le bois présente beaucoup d'avantages : il est naturel, sain,
recyclable et ne demande que très peu d'énergie pour sa mise en œuvre.
Une ossature bois avec un remplissage isolant a cependant
l'inconvénient d'offrir peu d'inertie. Celle-ci doit alors être
recherchée dans la dalle et les murs lourds intérieurs.
La terre crue est un matériau de construction traditionnel qui offre
une excellente qualité hygrométrique et une forte inertie. Elle a
l'avantage d'être disponible en de nombreux endroits, de demander très
peu d'énergie à sa fabrication et d'être recyclable7.
Les murs réalisés en terre crue n'offrent cependant pas une isolation
suffisante. Ils seront plutôt employés comme murs intérieurs ou murs
capteurs du rayonnement solaire en fond de véranda.
Les surfaces entre les parties habitées et chauffées d’une maison et
les espaces tampons froids (garage, atelier, véranda) qui lui sont
accolés doivent être isolées.
4]
Isolation des sols :
C’est
une partie de la maison qu’on a tendance à négliger. Pourtant un sol
froid maintient une couche d’air froid (plus lourd que l’air chaud)
près du sol. Celle-ci génère un inconfort thermique important, surtout
lorsque les occupants sont statiques (repas, travail de bureau). Si le
sol ancien est de qualité (carrelage sol dallé) ou si les cloisons
sont déjà existantes, il est préférable d’isoler par le bas notamment
pour éviter la création de ponts thermiques (isolant sous dalle par
projection, panneaux ou faux plafond). Si le sol est sans intérêt, il
est possible d’isoler par au-dessus (plancher isolant ou dalle
isolante).
5]
Modification du système de ventilation :
Afin d’assurer l’entrée d’air neuf dans la maison et l’évacuation de
l’humidité, la pose d’une VMC (ventilation mécanique contrôlée) sera
souvent conseillée.
3 types de VMC existent :
1- la simple flux ;
2 - la simple flux hygroréglable (ne fonctionne qu’en présence
d’humidité)
3 - la double flux (qui permet de récupérer les calories de l’air
sortant).
Voir dossier ici.
Il est enfin possible d’assurer la
ventilation par un puits canadien.
Voir dossier ici. |